première page

Dix-sept ans de passion et

de persévérance 😀

L’automne 2022 marquera le 17e anniversaire d’un tournant marquant qui m’amena à me fixer l’objectif suivant :

Démarrer une communauté de pratique de citoyens.

Le début du parcours

À l’automne 2005, alors que je terminais ma maîtrise en gestion à l’Université Laval, j’ai suivi un cours sur les communautés de pratique en ligne.

Dans le cadre de ce cours, j’avais quelques livres dont celui d’Etienne Wenger intitulé “Cultivating Communities of Practice“.

À un moment donné dans le livre, Wenger pose une question qui me prend par surprise:

«Et si la pratique partagée devenait le fondement des communautés civiques?

Et si les citoyens commençaient à concevoir leur monde sur le modèle des communautés fractales, reliant le développement des pratiques locales et mondiales ?

En d’autres termes, si vous étiez le gestionnaire en chef de la connaissance pour le monde entier, comment concevriez-vous votre initiative de connaissances? »

Traduit de l’anglais.

Je peux m’imaginer que pour vous, le questionnement et le défi qui en découle ne crée pas chez vous un moment Aha !, mais pour moi, j’ai immédiatement ressenti l’effet eurêka. 😊

En effet, à la lecture de ce texte j’ai immédiatement réalisé que c’est ce que j’essayais d’accomplir depuis le début des années 90; trouver une façon de faciliter le développement social en utilisant des outils en ligne.

Maintenant que je comprenais ce que je voulais faire, créer une communauté de pratique, et que j’apprenais comment le faire, j’ai immédiatement décidé que je voulais relever le défi.

Comprendre les communautés de pratique

Afin de vous aider à mieux comprendre le défi que je devais relever, il est important de comprendre ce qu’est une communauté de pratique (CdP).

Une CdP est un lieu où des professionnels se réunissent pour partager leurs expériences, leurs connaissances et leurs compétences de façon à ce qu’ils puissent s’améliorer et trouver des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent.

Pour les professionnels, la participation dans une CdP est très facile, car ils :

        • Possèdent déjà les connaissances et les compétences de base associées à leur profession.
        • Connaissent le domaine dans lequel ils exercent leur profession.
        • Partagent le même langage,

Plus importants encore, ils ont accès à des modèles théoriques qui les aident à évaluer leurs actions ainsi que celles des organisations pour lesquelles ils travaillent afin qu’elles puissent mieux utiliser leurs connaissances et leurs capacités.

Le tout facilite les dialogues de façon à ce que ceux-ci soient constructifs, professionnels et respectueux et permettent aux participants :

        •  D’identifier des solutions
        • De les évaluer afin de trouver celles qui sont les meilleurs considérants le contexte, ce que nous appelons des meilleures pratiques.
        • De les implémenter

Une communauté de pratique permet donc :

        • Aux professionnels de s’améliorer.
        • À la profession d’être mieux perçue, car les professionnels sont plus compétents.
        • Aux organisations qui les engagent à être plus efficaces.

Voilà. Ceci vous donne un aperçu de ce qu’est une communauté de pratique et des avantages qui en découlent.

Un début est relativement facile

Pour commencer le tout, je devais identifier l’outil qui faciliterait les dialogues et, en utilisant celui-ci, développer une structure qui faciliterait le partage des connaissances tout en faisant le lien entre les communautés locales, nationales et internationales tel que le défi de Wenger demandait.

Il ne m’a fallu qu’un an et demi pour réaliser cette première partie. Cependant, j’ai immédiatement réalisé très tôt que ce serait la partie la plus facile.

En effet, la partie difficile c’est de trouver une façon de faciliter les dialogues de façon à ce que ceux-ci soient constructifs, professionnels et respectueux. Le tout commence par mieux comprendre :

        • Ce qu’est un citoyen
        • Ce qu’est une société,
        • Le langage utilisé

La bonne nouvelle est que les termes société et citoyen font respectivement partie de la liste des 1000 et 2000 mots les plus utilisés, soit. Ils sont donc présents dans tous les dictionnaires.

La mauvaise nouvelle c’est que malheureusement, même lorsque je consultais des dictionnaires spécialisés en sociologie, anthropologie, philosophie, droit, etc., je ne pouvais trouver une définition claire, nette et précise de ce qu’est une société et de ce qu’est un citoyen. J’ai trouvé beaucoup de descriptions, mais aucune définition.

Or dans une communauté de pratique ce que nous avons besoin ce sont des définitions claires, nettes et précises, car c’est à partir de ces définitions que nous pouvons créer des modèles.

Dans le cas d’une CdPc, nous avons besoin de savoir ce qu’est une « bonne » société et ce qu’est un « bon » citoyen,

Ces modèles sont importants, car ils nous permettent de nous évaluer et d’évaluer nos sociétés ainsi que de nous comparer à nos concitoyens et comparer notre société aux autres sociétés. Le tout facilite les dialogues et la recherche de solutions.

Encore ici, de par le fait que je voulais développer une communauté de pratique de citoyens, pour nous aider, nous citoyens, à améliorer nos sociétés, cette première partie fut relativement facile.

En effet, en développant une communauté de pratique de citoyens, il est sous-entendu que la citoyenneté devait être vue comme une forme de profession et que les sociétés devaient être vues comme une forme d’organisation.

En réalité, de dire que les sociétés sont des organisations ne devrait pas nous surprendre de par le fait que nous sommes des êtres sociaux. Nous n’avons pas le choix de nous organiser pour nous aider à répondre à nos besoins individuels, sociaux et collectifs ainsi que de réduire les conflits qui en découlent.

De plus, affirmer que la citoyenneté est une forme de profession ne devrait pas non plus nous surprendre, car les organisations appartiennent toujours à une personne ou à un groupe de personnes.

Or les sociétés ne sont pas des organisations ordinaires, elles n’appartiennent pas à une personne ou à un groupe de personnes, mais à l’ensemble des citoyens qui vivent au sein de son territoire.

Ce faisant, la responsabilité de la gestion des sociétés revient donc aux citoyens et, en tant que citoyens, nous devrions acquérir les connaissances et développer les habiletés nécessaires afin que nous puissions jouer notre rôle efficacement.

La patience est de mise

Le fait de comprendre ce qu’est une société et ce qu’est un citoyen est un point de départ très important, cependant, ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Premièrement il reste à opérationnaliser les termes société et citoyen donc définir ce qu’est est une « bonne » société et ce qu’est un « bon » citoyen afin de créer des modèles.

Deuxièmement, il me restait la question du langage. J’ai réalisé relativement tôt que plusieurs des termes que nous utilisons fréquemment pour parler de nous et de nos sociétés n’ont jamais eux aussi été définis de façon claire, nette et précise. Ils sont donc flous.

Outre les termes citoyens et sociétés, les termes comme organisation, système, liberté, n’ont jamais été définis clairement.

Par exemple, Luc Brès a recensé dans “ L’Organisation : un essai de définition”  17 différentes définitions de ce qu’est une organisation. Ces définitions proviennent des 17 manuels de gestion les plus utilisés dans les universités

De leur côté, un collectif de chercheurs a recensé dans leur article ” Defining “System”: a Comprehensive Approach” une centaine de définitions du mot système.

Quant au mot liberté, la récente pandémie a démontré hors de tout doute que nous ne partageons pas tous la même définition de ce qu’est la liberté.

De plus, je devais avoir une meilleure compréhension du mot citoyen. Outre le fait qu’en tant que citoyens nous sommes tous copropriétaires des sociétés dans lesquelles nous vivons, je devais comprendre les mécanismes qui font que, quoi que nous sommes tous copropriétaires, certains citoyens ont plus de privilèges.

Réalisation

Mes recherches m’ont amené à créer deux innovations sociales

          1. Une nouvelle science de gestion
          2. Une communauté de pratique de citoyens

La SOCIÉTALogie 1

Plus ma recherche avançait, plus il devenait clair qu’une nouvelle science de gestion émanait.

Celle-ci me permettait d’étudier les sociétés en tant qu’organisations et la citoyenneté en tant que profession qui, dans les faits, sont les deux côtés de la même médaille.

En effet, les sociétés ne sont que le résultat de nos actions individuelles, de groupes et collectives.

Donc, pour mieux comprendre nos sociétés, nous devons donc comprendre les besoins individuels, sociaux et collectifs des citoyens ainsi que de comprendre comment ils s’organisent pour les réaliser.

Cette science s’appelle la SOCIÉTALogie et vous pouvez avoir plus d’information sur le sujet en visitant le site de l’Institut de la SOCIÉTALogie que je suis à démarrer.

Citoyens & Sociétés

Naturellement, l’objectif premier de mes recherches était de posséder les connaissances nécessaires pour créer une communauté de pratique de citoyens. Il va donc de soi que j’utilise ces connaissances pour la créer.

Cette première CdPC, qui se nomme Citoyens & Sociétés, est en prélancement. Quoiqu’elle soit en anglais seulement pour l’instant, d’autres langues seront ajoutées lorsque les ressources seront disponibles.

Vous pouvez d’ailleurs participer à sa croissance en vous enregistrant ici.

Si vous avez besoin de plus d’informations, veuillez me contacter.

Denis Pageau

 

1 – Le terme SOCIÉTALogie est un néologisme qui associe les mots SOCIÉTAL du latin classique : societas, “association” et LOGIE d’orgine grecque : étudié.